Enterrement juif : déroulement, tenue et coutumes
Les obsèques juives ont lieu très vite et se veulent simples, et beaucoup de leurs coutumes sont inconnues même des familles juives. Voici ce qui se passe d’habitude, dans l’ordre, et ce que doivent savoir ceux qui viennent accompagner le défunt.
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Les usages varient selon les communautés, entre Israël et la diaspora, et selon les familles. Si un point compte pour vous, demandez au rabbin de la famille ou à la ’hevra kadicha, la confrérie funéraire.
Pourquoi l’inhumation est si rapide
La Torah demande d’enterrer le défunt « le jour même » : on inhume donc sans délai inutile, souvent le jour même ou le lendemain. Les « 24 heures » sont un objectif courant, pas une règle fixe. On peut attendre un peu pour que les proches arrivent ; les formalités, un examen médico-légal ou le transfert du corps pour une inhumation en Israël peuvent retarder davantage. On n’enterre pas pendant Chabbat ni à Yom Kippour, les fêtes ont leurs propres règles, et à Jérusalem on enterre même la nuit.
La ’hevra kadicha et la tahara
Avant l’inhumation, la ’hevra kadicha pratique la tahara, la toilette rituelle : des hommes pour un homme, des femmes pour une femme lavent le corps avec délicatesse, versent l’eau de purification et l’habillent d’un simple linceul de lin blanc. Le Talmud raconte que Rabban Gamliel demanda à être enterré dans de simples vêtements de lin, parce que le coût des funérailles pesait sur les familles plus lourdement que la mort elle-même ; depuis, riches et pauvres sont enterrés de la même façon. Il n’y a ni embaumement ni exposition du corps.
En Israël, le linceul ; ailleurs, un cercueil
Dans la plupart des cimetières d’Israël, il n’y a pas de cercueil : le corps, enveloppé dans le linceul (les hommes souvent aussi dans leur talith), est porté sur une civière. Les obsèques militaires se font en cercueil. En France et ailleurs hors d’Israël, on utilise un cercueil, traditionnellement en bois simple, qui reste fermé.
La keri’a : déchirer un vêtement
Les plus proches (enfants, parents, frères et sœurs, conjoint) déchirent un vêtement qu’ils portent et disent « Baroukh Dayan haEmet », béni soit le Juge de vérité. Pour un père ou une mère, on déchire habituellement à gauche, du côté du cœur ; pour les autres, à droite. Le rabbin ou quelqu’un de la ’hevra kadicha fait la première entaille ; certaines communautés de diaspora déchirent un ruban noir. On porte le vêtement déchiré toute la chiva. Le moment et la manière varient : suivez celui qui dirige la cérémonie.
Éloges et El Malé Ra’hamim
La cérémonie est brève : des Psaumes, puis les éloges (le hesped) de la famille, d’amis ou d’un rabbin. Beaucoup terminent en demandant pardon au défunt ; certains jours, on ne dit que quelques mots. Comment écrire un éloge funèbre. Avant le cortège ou devant la tombe, selon l’usage, le ’hazan ou quelqu’un de la ’hevra kadicha chante le El Malé Ra’hamim avec le nom hébraïque du défunt.
Au bord de la tombe
Le mot hébreu pour des obsèques, levaya, veut dire accompagner : suivre le corps, même quelques pas, est une grande bonté. Une fois le corps descendu, les endeuillés puis les autres comblent la tombe ; certains retournent la pelle pour les premières pelletées. On ne se passe pas la pelle de main en main : chacun la replante dans la terre pour le suivant. Une explication : ne pas transmettre le malheur de l’un à l’autre.
Les endeuillés récitent ensuite le Kaddich, dans beaucoup de communautés une version propre à l’inhumation, que quelqu’un de la ’hevra kadicha lit avec eux. Souvent, l’assistance forme deux haies entre lesquelles passent les endeuillés, avec les paroles traditionnelles : « Que l’Omniprésent vous console parmi les endeuillés de Sion et de Jérusalem. »
En sortant du cimetière
À la sortie, on se lave les mains avec un gobelet, souvent trois fois sur chaque main en alternant. On repose le gobelet sans le tendre au suivant, et beaucoup ne s’essuient pas les mains.
Le repas de consolation et la chiva
À la maison, le premier repas des endeuillés, la séoudat havraa, est traditionnellement préparé par des voisins et des amis, souvent avec des œufs durs et des lentilles, aliments ronds : selon le Talmud, le deuil est comme une roue qui finit par passer chez chacun. Avec lui commence la chiva : sept jours à partir de l’inhumation, pendant lesquels la famille reste à la maison et reçoit ceux qui viennent la consoler.
Si vous êtes invité, juif ou non
Inutile de connaître les prières, ni même d’avoir bien connu le défunt : connaître la famille suffit. Faites comme ceux qui vous entourent.
Quelle tenue
Sobre et sombre, pas forcément noire. Dans un cadre orthodoxe, les femmes portent une jupe sous le genou et couvrent leurs épaules. Les hommes se couvrent la tête ; des kippot sont en général à l’entrée, et un homme non juif qui en porte une marque son respect, pas une adhésion religieuse. Prévoyez des chaussures pour le gravier et la terre.
Pourquoi pas de fleurs
Les fleurs ne font pas partie des obsèques juives traditionnelles, d’où le « ni fleurs ni couronnes » de beaucoup d’avis de décès : la même simplicité que le linceul, et un usage qui appartient à d’autres traditions. Sur une tombe juive, on pose une pierre plutôt qu’une fleur. Faites plutôt un don à l’œuvre que la famille indique, ou apportez un repas à la maison de chiva. En Israël, les fleurs sont courantes lors de nombreuses obsèques laïques et militaires ; dans le doute, abstenez-vous.
Que dire
Moins qu’on ne croit. La Michna conseille de ne pas consoler quelqu’un tant que son mort repose devant lui : avant l’inhumation, « je suis de tout cœur avec vous » suffit. Ensuite viennent les paroles traditionnelles, et pendant la chiva, les souvenirs. Que dire à une personne en deuil
Encore quelques points
- Coupez la sonnerie de votre téléphone et ne prenez pas de photos.
- Les Cohanim, descendants de la famille sacerdotale, n’entrent traditionnellement pas dans un cimetière, sauf pour l’enterrement d’un proche parent.
- À Jérusalem et dans certaines communautés orthodoxes, des usages règlent qui va jusqu’à la tombe (les enfants du défunt, par exemple, ou les femmes). La ’hevra kadicha vous dira ce qui se fait sur place.
Ceux qui sont venus
Aux obsèques, vous verrez des visages que vous ne connaissez pas : un ancien collègue, une voisine, un ami d’il y a quarante ans. Demandez à quelqu’un de noter qui est venu : ce sont eux qui, plus tard, raconteront les histoires que la famille n’a jamais entendues. Une page de mémoire sur Place a Stone est un endroit où recueillir leurs souvenirs : une fois la page ouverte, proches et amis les envoient, et la famille choisit ce qui apparaît.
Un seul endroit pour tout ce qui reste
Une page de mémoire que vous tenez : l’histoire d’une vie, des photographies, des enregistrements, et les souvenirs que la famille et les amis envoient et que vous validez. Un rappel avant chaque hazkara si la page affiche les dates hébraïques, et tout se télécharge à tout moment. Créer et remplir la page est gratuit. Elle reste privée, visible de vous seul, jusqu’à ce que vous l’ouvriez aux autres en un seul paiement : 99 ₪ en Israël, 39 $ ailleurs. Sans abonnement.
Questions fréquentes
Combien de temps dure le deuil juif ?
Sept jours de chiva à partir de l’inhumation, puis les chelochim jusqu’au trentième jour. Pour un père ou une mère, le deuil dure une année.
Pour quels proches porte-t-on le deuil ?
Pour le père, la mère, un fils, une fille, un frère, une sœur et le conjoint. Ce sont eux qui font la keri’a et observent la chiva.
Peut-on apporter des fleurs à un enterrement juif ?
Traditionnellement, non. Un don à la mémoire du défunt ou un repas apporté pendant la chiva sont les gestes d’usage.
Un non-juif peut-il assister à un enterrement juif ?
Oui, et il est le bienvenu : tenue sobre, tête couverte pour les hommes, et faire comme les autres.
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