Place a StoneDes histoires qui restent

Chiva, chelochim, hazkara : le deuil juif après les obsèques

Après l’enterrement commence un calendrier que la plupart des gens découvrent au moment précis où ils ont le moins de forces pour l’apprendre. Voici un résumé simple des grandes étapes, des coutumes courantes et de ce qu’il faut préparer pour une hazkara.

Mis à jour le · 7 min de lecture

Les usages varient d’une communauté et d’une famille à l’autre. Ce guide décrit la pratique courante ; pour les questions de loi juive, adressez-vous à un rabbin.

La chiva

Les sept premiers jours, comptés à partir de l’inhumation. La famille proche (parents, enfants, frères et sœurs, conjoint) reste à la maison et reçoit ceux qui viennent la consoler. On prie souvent à la maison avec un minyan, et les endeuillés récitent le Kaddich. La chiva se termine le matin du septième jour, et beaucoup de familles se rendent alors ensemble sur la tombe.

Les chelochim

Trente jours à partir de l’inhumation, jours de chiva compris. À la fin des chelochim, on se réunit généralement sur la tombe, et en Israël beaucoup de familles posent la stèle à ce moment-là. Certains achèvent l’étude d’un traité de Michna à la mémoire du défunt. Jusqu’à la fin des chelochim, les endeuillés observent certaines restrictions (par exemple ne pas se couper les cheveux, ne pas participer aux fêtes), dont le détail varie selon l’usage.

L’année de deuil

Pour un père ou une mère, le deuil dure douze mois. Les enfants récitent le Kaddich : les ashkénazes pendant onze mois, tandis que beaucoup de communautés séfarades et orientales l’interrompent une semaine au début du douzième mois, puis le reprennent jusqu’à la fin des douze mois. Beaucoup évitent les fêtes et la musique durant l’année. Pour les autres proches, le deuil s’achève avec les chelochim.

La hazkara (yahrzeit)

Chaque année, à la date hébraïque du décès. Le calculateur la trouve pour les dix prochaines années. Elle commence la veille au soir. On allume une bougie commémorative ce soir-là, on récite le Kaddich aux offices, on monte à la Torah le Chabbat précédent, on se rend sur la tombe et on donne la tsédaka à la mémoire du défunt. Certains jeûnent le jour de la hazkara d’un parent.

Yizkor et Hachkava

Quatre fois par an, les ashkénazes récitent à la synagogue la prière Yizkor à la mémoire des parents et des proches : à Yom Kippour, à Chemini Atséret, le dernier jour de Pessa’h et à Chavouot. Il est d’usage de promettre un don à leur mémoire. Les communautés séfarades et orientales ne disent pas Yizkor sous cette forme ; elles disent la Hachkava.

Organiser une hazkara : liste pratique

  1. Fixer la date : l’anniversaire hébraïque, ou pour les chelochim, le trentième jour à compter de l’inhumation. Si la date tombe un Chabbat ou un jour de fête, on se rend en général au cimetière la veille ou le lendemain.
  2. Prévenir la famille et les amis : dans le groupe familial, par téléphone pour les plus âgés et, une fois la page de mémoire ouverte, avec son lien, pour que ceux qui ne peuvent pas venir y prennent part.
  3. Réunir un minyan : dix hommes pour le Kaddich, selon l’usage orthodoxe. Vérifiez à l’avance qui vient.
  4. Prévoir le El Malé Ra’hamim : on le demande souvent à un ‘hazan, à quelqu’un de la ’hevra kadicha ou à un proche qui sait le dire.
  5. Préparer ce qui sera dit : qui parle, et de quoi. On a plus de temps qu’aux obsèques, et de la place pour des histoires. Comment écrire un éloge funèbre
  6. Apporter au cimetière : de petits cailloux à poser sur la tombe, des livres de Psaumes, et de l’eau pour se laver les mains en sortant. Pourquoi pose-t-on une pierre sur une tombe
  7. Après : beaucoup de familles se retrouvent à la maison autour d’un repas, et c’est souvent là que sortent les plus belles histoires. Demandez à quelqu’un de les noter.

Garder ce qui a été dit

À chaque hazkara, quelqu’un raconte une histoire que personne ne connaissait, et quelqu’un montre une photo que personne n’avait vue. Une page de mémoire permet de les rassembler. Une fois la page ouverte, ceux qui étaient là ajoutent ce qu’ils ont raconté, ceux qui n’y étaient pas le lisent, et l’année suivante tout est encore là.

Un seul endroit pour tout ce qui reste

Une page de mémoire que vous tenez : l’histoire d’une vie, des photographies, des enregistrements, et les souvenirs que la famille et les amis envoient et que vous validez. Un rappel avant chaque hazkara si la page affiche les dates hébraïques, et tout se télécharge à tout moment. Créer et remplir la page est gratuit. Elle reste privée, visible de vous seul, jusqu’à ce que vous l’ouvriez aux autres en un seul paiement : 99 ₪ en Israël, 39 $ ailleurs. Sans abonnement.

Questions fréquentes

À partir de quel jour compte-t-on la chiva et les chelochim ?

À partir du jour de l’inhumation, et non du décès. Le premier jour compte même si l’inhumation a eu lieu l’après-midi, et si elle s’est terminée après la tombée de la nuit, on compte à partir du lendemain. Une fête qui tombe pendant la chiva ou les chelochim peut les écourter : le calculateur de chiva et de chelochim donne les dates, et en cas de doute, demandez à un rabbin.

Peut-on faire une hazkara sans minyan ?

Oui. Sans minyan, on ne récite pas le Kaddich, mais on peut lire des Psaumes, parler du défunt et être ensemble. C’est une hazkara.

Combien de temps récite-t-on le Kaddich ?

Pour un parent, les ashkénazes le disent onze mois ; beaucoup de communautés séfarades et orientales l’interrompent une semaine au début du douzième mois, puis le reprennent jusqu’à la fin des douze mois. Ensuite, on le dit à chaque hazkara. Pour les autres proches, pendant les trente premiers jours. Les usages varient.

Retour en haut

D’autres guides