Expliquer la mort à un enfant : que dire selon son âge
Il n’existe pas de bonne façon d’annoncer à un enfant qu’une personne qu’il aime est morte, mais il en existe une claire : des mots simples, la vérité par petits morceaux, et une place pour lui dans ce que fait la famille.
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Comment annoncer un décès à un enfant
Dites-le vite, au calme, avant qu’il ne l’apprenne par d’autres : vous-même, idéalement, ou l’adulte le plus proche de lui. Deux ou trois phrases, puis arrêtez-vous. Il peut pleurer, poser une question étrange ou retourner jouer : c’est normal.
J’ai quelque chose de très triste à te dire. Papi est mort ce matin. Son cœur était très, très malade, et il s’est arrêté. Papi ne respire plus, il ne sent plus rien, et il ne reviendra pas. Il va beaucoup nous manquer.
Dire « il est mort », pas « il s’est endormi »
- « Papi s’est endormi. » L’enfant peut avoir peur de s’endormir.
- « On l’a perdu. » Alors pourquoi personne ne le cherche ?
- « Mamie est partie. » L’enfant attend son retour.
- « Il était malade. » Ajoutez « très, très malade, pas comme un rhume », sinon chaque fièvre fera peur.
Quoi que vous croyiez de ce qui vient après, dites d’abord le fait : le corps a cessé de fonctionner, et la personne ne reviendra pas. Ajoutez ensuite votre croyance ; beaucoup de familles juives parlent de la nechama, l’âme, qui continue. « Je ne sais pas » est aussi une réponse honnête. Attendez-vous aux mêmes questions, souvent, et répondez chaque fois de la même façon.
Expliquer la mort à un enfant selon son âge
Des repères, pas des règles. Le chagrin d’un enfant vient par vagues : des larmes, puis une demande de goûter.
Jusqu’à 3 ans
Il ne comprend pas ce qu’est la mort, mais il sent l’absence et la tension dans la maison. Gardez ses repères, et parlez court : « Mamie est morte. Elle ne viendra plus. » Il peut, un temps, s’accrocher à vous, mal dormir ou retrouver des habitudes de bébé.
De 4 à 7 ans
Beaucoup pensent que la mort est provisoire et demandent quand Papi revient. Certains s’en croient responsables : dites-leur clairement que non. Les questions crues sur le corps, ou les jeux d’enterrement, sont leur façon de comprendre. Au cours de ces années, la plupart saisissent que la mort, c’est pour toujours.
De 8 à 12 ans
Il sait que la mort est définitive et concerne tout le monde, et peut craindre qu’un autre proche meure, y compris vous. Répondez simplement à ses questions et dites-lui qui s’occupe de lui : « J’espère être là encore très, très longtemps » vaut mieux qu’une promesse. Certains cachent leur peine pour vous protéger : dites-leur qu’ils n’y sont pas obligés.
Les adolescents
Ils comprennent comme des adultes, mais vivent souvent leur deuil avec leurs amis, et en ligne, plus qu’en famille. Donnez-leur les informations et voix au chapitre, pas des responsabilités d’adulte, et prévenez un professeur de confiance.
Enfant et enterrement : à partir de quel âge ?
Il n’y a pas d’âge fixé. Un enfant qui veut venir, et sait ce qui l’attend, peut en général venir : un enterrement vu est souvent plus facile à porter qu’un enterrement imaginé.
- Préparez-le. Des pleurs, des prières, une courte marche derrière le corps, la terre jetée dans la tombe. En Israël, on enterre en général sans cercueil, le corps enveloppé d’un linceul : dites-le avant. Le déroulement d’un enterrement juif
- Laissez-le choisir, et changer d’avis. Un enfant qui reste à la maison ne fait rien de mal ; racontez-lui ensuite la cérémonie.
- Un adulte pour lui : quelqu’un qu’il connaît bien, hors des plus proches endeuillés, dont le seul rôle ce jour-là est l’enfant et qui sortira avec lui si besoin.
La keri’a. L’usage est de faire aussi la keri’a pour un enfant endeuillé : un adulte déchire son vêtement, ou fait une petite entaille symbolique pour un jeune enfant. Celui qui dirige la cérémonie vous guidera.
À Jérusalem et dans certaines communautés, des usages règlent qui va jusqu’à la tombe (parfois les enfants du défunt) ; demandez à la ’hevra kadicha. Dans une famille de cohanim, les adultes ne doivent pas emmener les garçons au cimetière, même petits ; pour l’enterrement d’un proche parent, demandez au rabbin.
Un rôle pour l’enfant
Les enfants vont mieux quand ils peuvent faire quelque chose. Proposez, n’imposez pas :
- Un dessin ou une lettre pour la personne disparue, à montrer pendant la chiva ou à garder.
- Une pierre qu’il choisit lui-même, peut-être lors d’une promenade qu’ils faisaient à deux, pour la tombe. Pourquoi pose-t-on une pierre sur une tombe
- La bougie. Allumer avec un adulte la bougie de la chiva ou de la hazkara donne à un jeune enfant un rite à lui. La bougie commémorative
Les enfants pendant la chiva
Selon la loi juive, un enfant avant la bar-mitsva ou la bat-mitsva n’est pas tenu aux usages du deuil : ni siège bas, ni renoncement aux chaussures en cuir, ni absence à l’école. Beaucoup retournent à l’école pendant la semaine, et la routine les aide ; qu’un enfant plus grand observe certains usages, la famille en décide avec le rabbin. Laissez-les faire passer les gâteaux, offrez-leur un coin calme, et ne vous formalisez pas des rires. La chiva, les sept jours du deuil
Les enfants et le Kaddich
Un garçon avant sa bar-mitsva peut dire le Kaddich pour son père ou sa mère ; selon la Michna Beroura, le Kaddich des endeuillés a été laissé aux orphelins en partie pour les plus jeunes, qui ne peuvent conduire la prière. S’il le souhaite, entraînez-vous ensemble. Qu’une fille le dise dépend des communautés : demandez au rabbin. Le Kaddich en phonétique
La première année
Un enfant peut sembler aller bien pendant la chiva et s’effondrer des mois plus tard, à un anniversaire ou au Séder. Ce qui aide :
- Prévenir la crèche ou l’école, avant son retour, puis avant la fête des Mères ou des Pères.
- L’inviter aux chelochim, à la pose de la stèle et à la hazkara, avec la même préparation et le même choix qu’à l’enterrement.
- Continuer à dire le prénom. Les enfants cessent souvent de parler du défunt pour ménager les adultes : parlez-en les premiers.
- S’attendre au retour du chagrin. Un enfant de quatre ans revivra ce deuil à huit, puis à treize ans, en comprenant davantage chaque fois.
Un jour, l’enfant voudra savoir qui c’était. Demandez aux proches d’écrire leurs histoires dès maintenant (comment rassembler les souvenirs de la famille) et gardez les dessins. Une page de mémoire peut tout réunir, jusqu’à ce que l’enfant soit en âge de la lire.
Quand demander l’aide d’un professionnel
La plupart des enfants, avec des réponses honnêtes et des adultes présents, traversent le deuil sans thérapie. Parlez-en au psychologue scolaire, à votre médecin ou à un psychologue pour enfants si :
- cela empire au fil des semaines au lieu de s’améliorer ;
- l’enfant ne fait plus face : il refuse l’école, mange ou dort à peine, ou se coupe de ses amis ;
- il reste bloqué dans des habitudes de bébé, ou continue de se sentir coupable ;
- un adolescent se tourne vers l’alcool, la drogue ou les conduites à risque ;
- la mort a été brutale ou violente (accident, suicide, attentat, guerre) ou l’enfant en a été témoin.
Si un enfant parle de vouloir mourir ou de se faire du mal, consultez un professionnel le jour même ; à toute heure, vous pouvez aussi appeler le 3114 en France ou ERAN (1201) en Israël. Et prenez soin de vous : c’est auprès des adultes que les enfants apprennent à vivre un deuil.
Un seul endroit pour tout ce qui reste
Une page de mémoire que vous tenez : l’histoire d’une vie, des photographies, des enregistrements, et les souvenirs que la famille et les amis envoient et que vous validez. Un rappel avant chaque hazkara si la page affiche les dates hébraïques, et tout se télécharge à tout moment. Créer et remplir la page est gratuit. Elle reste privée, visible de vous seul, jusqu’à ce que vous l’ouvriez aux autres en un seul paiement : 99 ₪ en Israël, 39 $ ailleurs. Sans abonnement.
Questions fréquentes
Enfant et enterrement : à partir de quel âge ?
À tout âge, s’il veut venir et sait ce qui l’attend. Les plus petits ont besoin d’un adulte qui ne s’occupe que d’eux.
Comment expliquer la mort à un enfant de 3 ans ?
Avec des phrases très courtes et le mot juste : « Mamie est morte. Son corps ne marche plus, elle ne reviendra pas. »
Comment annoncer un décès à un enfant de 7 ou 8 ans ?
Simplement et vite, avec la vérité sur la cause : « Papi était très, très malade, pas comme avec un rhume. » Et dites-lui qui s’occupe de lui.
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