Place a StoneDes histoires qui restent

Pose de la matséva : date, cérémonie et invitation

La pose de la matséva clôt le premier mois de deuil, ou la première année. La cérémonie sur la tombe est courte et simple, et on peut la conduire sans rabbin. Voici ce qui se fait d’habitude, dans l’ordre, et ce qu’il faut préparer.

Mis à jour le · 6 min de lecture

Les usages varient d’une communauté à l’autre, et entre Israël et la diaspora. Ce guide décrit la pratique courante ; pour les questions de loi juive, adressez-vous au rabbin de votre famille.

Qu’est-ce que l’inauguration de la matséva ?

Le mot hébreu pour la stèle, matséva, vient de la Genèse : « Jacob érigea une stèle sur sa tombe » (la pierre dressée pour Rachel). Depuis, les Juifs marquent la tombe d’une pierre. La cérémonie qui accompagne la pose (hakamat matséva en hébreu) n’est pas un rite fixé par la loi juive, mais quelques usages formés avec le temps : des Psaumes, une prière pour l’âme du défunt, le Kaddich, et quelques mots sur la personne.

Un rabbin n’est pas nécessaire. N’importe quel proche peut conduire la cérémonie ; un rabbin ou un ’hazan, c’est un choix, pas une obligation.

Quand pose-t-on la matséva ?

  • En Israël, on pose généralement la stèle vers la fin des chelochim (le trentième jour à compter de l’inhumation), en même temps que la hazkara des chelochim.
  • Certains la posent plus tôt, dès le lendemain de la fin de la chiva. C’est par exemple l’usage ’Habad.
  • En France et ailleurs, beaucoup de familles attendent et font la cérémonie au cours de la première année, souvent à l’approche de la première hazkara.
  • Jamais un Chabbat ni un jour de fête. Pour ’Hol HaMoèd et les autres jours particuliers, demandez au rabbin.
  • En Nissan, on ne prononce pas d’éloge funèbre, et certaines communautés (dont beaucoup de familles originaires d’Afrique du Nord) évitent alors le cimetière. D’autres posent la matséva en Nissan si les chelochim y tombent, avec quelques mots simples à la place d’un éloge. Demandez au rabbin.

La date dépend aussi du marbrier et du cimetière : commandez tôt, et fixez le jour avec eux avant de prévenir tout le monde.

Qui l’organise, et que préparer

C’est la famille qui organise la pose, avec le marbrier. À régler à l’avance :

  1. La stèle elle-même : le texte, l’orthographe des noms et la date hébraïque. Demandez une maquette avant la gravure, et renseignez-vous sur les règles du cimetière.
  2. Le jour et l’heure : convenus avec le marbrier, pour que la stèle soit en place avant la cérémonie.
  3. Un minyan : dix hommes pour le Kaddich, selon l’usage orthodoxe. Vérifiez à l’avance qui vient.
  4. Qui dira le El Malé Ra’hamim : un ’hazan, quelqu’un de la ’hevra kadicha, ou un proche qui sait le dire.
  5. Quoi apporter : des livres de Psaumes ou des feuilles imprimées, de petits cailloux, de l’eau pour se laver les mains s’il n’y a pas de robinet, et un voile si votre famille couvre la stèle.

Le déroulement de la cérémonie

La cérémonie est courte, et l’ordre varie d’une famille à l’autre. Voici un déroulement courant :

  1. Ouverture : celui qui conduit dit pourquoi on est réunis et qui va parler.
  2. Les Psaumes : beaucoup lisent les sept psaumes de l’usage dit de Jérusalem (33, 16, 17, 72, 91, 104 et 130) ; d’autres seulement quelques-uns, souvent le psaume 91. Puis on lit les versets du psaume 119 qui commencent par les lettres du prénom hébraïque du défunt, suivis de ceux des lettres de נשמה, nechama, « l’âme ». Trouver les versets pour un prénom.
  3. Le dévoilement : là où la stèle a été couverte, on retire maintenant le voile. C’est un usage assez récent, répandu surtout hors d’Israël. Vous pouvez lire l’inscription à voix haute.
  4. Quelques mots : une à trois personnes, quelques minutes chacune.
  5. Le El Malé Ra’hamim : la prière pour l’âme du défunt, avec son nom. Beaucoup de communautés séfarades disent la Hachkava ; chez ’Habad, on ne dit habituellement pas cette prière ce jour-là. Le texte complet, avec le nom.
  6. Le Kaddich : récité par les endeuillés s’il y a un minyan. Le Kaddich avec translittération.
  7. Les cailloux : chacun pose un petit caillou sur la stèle. Pourquoi pose-t-on une pierre sur une tombe

En quittant le cimetière, on se lave les mains. Beaucoup de familles se retrouvent ensuite autour d’un repas, et c’est souvent là que sortent les histoires.

Que dire lors de la pose de la matséva

Les mots prononcés ce jour-là sont plus courts qu’un éloge funèbre, et en général moins lourds. Il y a un peu de distance, et de la place pour une belle histoire, pour ce qui s’est passé dans la famille depuis, ou pour dire pourquoi on a choisi la phrase gravée. Trois ou quatre minutes suffisent. Certains lisent une lettre au défunt ; d’autres demandent aux petits-enfants de poser les premiers cailloux. Comment préparer un discours pour une hazkara

Nous avons discuté pendant des semaines de la phrase à graver ici. Finalement, nous avons choisi ce que Maman disait chaque fois que l’un de nous partait de chez elle : « Appelle-moi quand tu es arrivé. »C’est ce qu’elle dirait aujourd’hui à chacun de vous.
Un exemple seulement : vos mots doivent vous ressembler

Un modèle d’invitation

Envoyez-la dès que la date est fixée, en indiquant où se retrouver : dans un grand cimetière, une tombe récente est difficile à trouver.

Nous vous invitons à l’inauguration de la matséva denotre cher père et grand-pèreJoseph Lévyle dimanche 16 mai 2027 à 11 heuresau cimetière parisien de Bagneux, division 12.Rendez-vous à l’entrée principale.La famille
Un exemple : les noms sont fictifs

Ce qui est gravé sur la stèle

La plupart des stèles juives suivent la même structure : פ״נ, « ici repose », en haut ; le nom hébraïque et celui du père ; la date hébraïque du décès ; une phrase personnelle ; et ת.נ.צ.ב.ה en bas. Les mêmes informations figurent souvent en français. Que graver sur une pierre tombale, et l’inscription en hébreu avec la date hébraïque

Une pierre n’a de place que pour quelques lignes. Tout le reste (les histoires, les photos, la voix) peut vivre sur une page de mémoire : une fois la page ouverte, ceux qui étaient au cimetière y ajoutent ce qu’ils ont raconté, et la famille approuve chaque souvenir avant sa parution. Nous préparons aussi une plaque QR pour la stèle, qui mènera à la page ; elle n’est pas encore en vente.

Un seul endroit pour tout ce qui reste

Une page de mémoire que vous tenez : l’histoire d’une vie, des photographies, des enregistrements, et les souvenirs que la famille et les amis envoient et que vous validez. Un rappel avant chaque hazkara si la page affiche les dates hébraïques, et tout se télécharge à tout moment. Créer et remplir la page est gratuit. Elle reste privée, visible de vous seul, jusqu’à ce que vous l’ouvriez aux autres en un seul paiement : 99 ₪ en Israël, 39 $ ailleurs. Sans abonnement.

Questions fréquentes

Quand pose-t-on la matséva ?

En Israël, en général vers la fin des chelochim ; chez ’Habad, dès le lendemain de la chiva. En France et ailleurs, souvent au cours de la première année. Suivez l’usage de votre famille.

Faut-il un rabbin pour la pose de la matséva ?

Non. N’importe quel proche peut conduire la cérémonie. Il faut un minyan pour dire le Kaddich, et quelqu’un qui sait dire le El Malé Ra’hamim.

Que grave-t-on sur une matséva ?

En général פ״נ, le nom hébraïque et celui du père, la date hébraïque du décès, une phrase personnelle et ת.נ.צ.ב.ה. Beaucoup de familles ajoutent le nom et les dates en français.

Faut-il couvrir la stèle d’un voile ?

Non. C’est un usage assez récent, plus répandu hors d’Israël ; la cérémonie est complète sans lui.

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