Hazkara : c’est quoi, son déroulement, 11 ou 12 mois ?
La hazkara, c’est la cérémonie de souvenir sur la tombe (à la fin des chelochim, puis chaque année à la date hébraïque du décès), souvent suivie d’une étude et d’un repas à la maison. Si vous l’organisez pour la première fois, voici ce qui se fait, dans quel ordre, et comment fixer la date.
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Les usages varient entre ashkénazes, séfarades et ’Habad, et d’une famille à l’autre. Pour une question de loi juive, adressez-vous au rabbin de la famille.
Hazkara, c’est quoi ?
Le mot hébreu signifie « évocation » : on évoque l’âme du défunt, avec des Psaumes, des prières et quelques mots sur la personne. La hazkara a lieu à trois moments :
- À la fin des chelochim, le trentième jour, en comptant le jour de l’inhumation comme le premier. En Israël, on pose souvent la stèle à ce moment-là.
- À la fin des onze mois, dans beaucoup de familles séfarades, quand s’achèvent les onze mois de Kaddich pour un parent.
- Chaque année, à la date hébraïque du décès. La première, au bout d’un an, est en général la plus suivie.
Au cimetière : le déroulement, étape par étape
Il n’y a pas de rituel unique ; la hazkara est conduite par quelqu’un qui connaît les prières : un proche, le rabbin, un membre de la ’hevra kadicha. La plupart des familles suivent cet ordre :
- On se réunit autour de la tombe, les endeuillés au plus près. Les cohanim n’entrent pas entre les tombes ; certains cimetières ont une allée ou un endroit en bordure d’où ils peuvent suivre.
- Une bougie. Certains allument une bougie commémorative sur la tombe, et beaucoup une autre à la maison la veille au soir. Quand allumer la bougie
- Les Psaumes. Selon l’usage très répandu dit de Jérusalem, on lit sept psaumes : 33, 16, 17, 72, 91, 104 et 130. ’Habad suit un autre ordre, tiré du livre Maané Lachon, et certaines familles se contentent de quelques psaumes, comme le psaume 23.
- Les lettres du nom. Le psaume 119 suit l’alphabet hébreu, huit versets par lettre. L’usage est de lire les versets de chaque lettre du prénom hébraïque du défunt (certains ajoutent les lettres du prénom de son père ou de sa mère), puis ceux des lettres du mot nechama, « âme ». Le psaume 119 selon le nom les rassemble pour vous.
- Quelques mots sur la personne. Beaucoup de familles prennent la parole à ce moment-là ; d’autres attendent le repas. Que dire lors d’une hazkara
- El Malé Ra’hamim. La prière pour l’âme du défunt, avec son nom hébraïque. Elle peut se dire sans minyan. Dans beaucoup de communautés séfarades, on dit à la place la Hachkava. El Malé Ra’hamim avec le nom
- Le Kaddich. Récité par les endeuillés, et seulement en présence d’un minyan (dix hommes, selon l’usage orthodoxe). Vérifiez à l’avance qui vient. Le Kaddich en phonétique, avec traduction
- Une pierre sur la tombe. Avant de partir, chacun pose un petit caillou sur la stèle. Pourquoi pose-t-on une pierre sur une tombe
- Se laver les mains. En sortant du cimetière, on se lave les mains avec un gobelet, en alternant, et beaucoup ne les essuient pas.
À la maison : étude et repas
Beaucoup de familles se retrouvent ensuite chez un proche ; certaines y font toute la hazkara, le soir, avec un office et un minyan. Deux usages reviennent presque toujours :
- L’étude de la Michna. Proches et amis se répartissent des chapitres et les étudient à la mémoire du défunt ; parfois on termine un traité entier pour la hazkara. Certains choisissent les chapitres selon les lettres du nom ; michna et nechama s’écrivent en hébreu avec les mêmes lettres, et beaucoup étudient le chapitre 7 du traité Mikvaot, où quatre michnayot de suite commencent par les lettres de nechama.
- Un repas, ou un tikoun. Certains organisent un vrai repas ; d’autres dressent une table simple (gâteaux, fruits, boissons), qu’on appelle dans beaucoup de communautés un tikoun. On y dit les bénédictions sur la nourriture pour l’élévation de l’âme du défunt, et les autres répondent amen. C’est souvent là que sortent les plus belles histoires : demandez à quelqu’un de les noter.
Quelle date : le décès ou l’enterrement ?
La hazkara annuelle suit la date hébraïque du décès : dans le calendrier civil, elle se déplace d’une année à l’autre. Le jour hébraïque commence le soir : la hazkara commence la veille au soir, et un décès après le coucher du soleil appartient déjà au jour hébraïque suivant. Le calculateur de hazkara trouve la date hébraïque et les prochaines dates anniversaires.
L’usage courant est la date du décès, même si l’enterrement a eu lieu un ou deux jours après. Exception connue : lorsque l’enterrement a été retardé de plusieurs jours (par exemple quand le défunt est transféré en Israël pour y être inhumé), certains décisionnaires fixent la première hazkara à la date de l’enterrement, pour qu’elle tombe à la fin de l’année de deuil, et les suivantes à la date du décès. D’autres, dont ’Habad, gardent la date du décès dès la première année. Dans ce cas, demandez au rabbin. Les chelochim, eux, se comptent toujours à partir de l’enterrement.
Déplacer la hazkara
L’idéal est la date elle-même, mais on fixe souvent la visite au cimetière un jour proche où davantage de proches peuvent venir. Un Chabbat ou un jour de fête, il faut la déplacer, car on ne va pas au cimetière ces jours-là, et beaucoup l’évitent aussi à ’Hol Hamoèd, à Pourim et à ’Hanouka. Beaucoup de rabbins conseillent d’avancer plutôt que de retarder, et le Kaddich se dit le jour même.
Une page de mémoire sur Place a Stone qui garde la date hébraïque envoie un rappel une semaine avant la hazkara : assez pour choisir un jour et réunir un minyan.
Quand tombe la hazkara ?
Le calculateur trouve la date hébraïque du décès et la hazkara des dix prochaines années.
Hazkara : 11 ou 12 mois ?
Les deux sont justes : ils ne mesurent pas la même chose. Le deuil pour un père ou une mère dure douze mois, et la hazkara annuelle tombe à la date anniversaire du décès. Le Kaddich pour un parent, lui, ne se dit habituellement que onze mois : selon la tradition, douze mois est la durée du jugement des méchants, et l’on s’arrête plus tôt pour ne pas compter ses parents parmi eux. Chez les ashkénazes, la fin du onzième mois marque simplement la fin du Kaddich ; dans beaucoup de familles séfarades, c’est la hazkara des onze mois, avec un repas, et celle de l’année se fait aussi ; beaucoup reprennent ensuite le Kaddich, après une semaine d’interruption, jusqu’à la fin des douze mois.
Dans une année hébraïque embolismique (treize mois), les douze mois de deuil s’achèvent un mois avant la date du décès ; certains font alors la première hazkara, d’autres à la date elle-même : demandez au rabbin.
Questions fréquentes
Hazkara, c’est quoi ?
La cérémonie de souvenir d’un défunt dans la tradition juive : Psaumes, prières et quelques mots sur la tombe, à la fin des chelochim puis chaque année à la date hébraïque du décès.
Hazkara : 11 ou 12 mois ?
Chez les ashkénazes, le Kaddich pour un parent s’arrête après onze mois ; beaucoup de familles séfarades marquent la fin du onzième mois par une hazkara. La hazkara annuelle tombe un an après le décès, à la date hébraïque, puis chaque année.
Date du décès ou de l’enterrement ?
La date hébraïque du décès. Quand l’enterrement a été retardé de plusieurs jours, certains fixent la première hazkara à la date de l’enterrement : demandez au rabbin.
Un seul endroit pour tout ce qui reste
Une page de mémoire que vous tenez : l’histoire d’une vie, des photographies, des enregistrements, et les souvenirs que la famille et les amis envoient et que vous validez. Un rappel avant chaque hazkara si la page affiche les dates hébraïques, et tout se télécharge à tout moment. Créer et remplir la page est gratuit. Elle reste privée, visible de vous seul, jusqu’à ce que vous l’ouvriez aux autres en un seul paiement : 99 ₪ en Israël, 39 $ ailleurs. Sans abonnement.
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