Que faire en cas de décès en Israël : premières démarches
Pour les résidents et les olim qui lisent en français : les premières heures après un décès en Israël, puis les démarches des semaines suivantes, dans l’ordre. L’essentiel de la seconde partie peut attendre la fin de la chiva.
Mis à jour le · 6 min de lecture
Vérifié en septembre et en octobre 2026 auprès de gov.il, du Bitouah Leoumi, des sociétés funéraires et de Kol Zchut. Les procédures changent et dépendent parfois du cas : dans le doute, demandez au service concerné.
Décès à domicile : que faire
À la maison, la famille enclenche les démarches :
- Appelez le Magen David Adom (101) ou un médecin. Seul un médecin ou un secouriste paramédical peut constater le décès. Il remplit le certificat médical de décès, la hodaat petira ; demandez-en quatre exemplaires signés.
- Préparez le dossier médical. Si la personne était malade, montrez-le à l’équipe : cela évite en général une enquête de police et une autopsie.
- La police, si nécessaire. L’équipe médicale décide de l’appeler ou non ; si le décès peut ne pas être naturel (accident, violence, suicide), c’est obligatoire. Si la police renonce à l’autopsie, demandez la renonciation signée.
- Appelez la ligne *0120 pour le transfert du corps. Elle dépend du ministère des Services religieux, répond à toute heure et organise le transfert avec la ’hevra kadicha locale, la société funéraire. Le corps est conduit sans frais à la chambre froide la plus proche. Le premier jour de conservation y est lui aussi gratuit ; à partir du deuxième, la famille paie au tarif du ministère de la Santé, ou à partir du troisième si le corps est arrivé un vendredi ou une veille de fête.
- Obtenez le permis d’inhumer (richione kvoura) au bureau de santé du district, avec les quatre exemplaires, la carte d’identité du défunt, l’éventuelle renonciation de la police et un document médical. La ’hevra kadicha aide souvent, même le soir.
Décès à l’hôpital
Un médecin remplit le certificat et le bureau des admissions le remet à la famille ; beaucoup d’hôpitaux délivrent aussi le permis d’inhumer. La conservation du corps dans la chambre froide de l’hôpital jusqu’aux obsèques est en général gratuite ; si les obsèques sont retardées, renseignez-vous auprès de l’hôpital.
Certificat médical et acte de décès
La hodaat petira est le document médical exigé pour le permis d’inhumer, pas l’avis de décès qu’on envoie aux proches. L’acte de décès, teoudat petira, est le document officiel de l’Autorité de la population et de l’immigration, celui que demanderont la banque, la caisse de retraite et l’assureur.
- Il est gratuit. Les proches parents (conjoint, parents, enfants, grands-parents, petits-enfants, frères et sœurs) le téléchargent aussitôt, signé numériquement, dans leur espace personnel sur gov.il, une fois le décès enregistré.
- On peut aussi le demander dans un bureau de l’Autorité, ou par courrier (cinq jours ouvrés environ).
- Il est rédigé en hébreu uniquement. Pour l’étranger, faites-le traduire par un notaire ; beaucoup de pays exigent aussi une apostille.
- Pour un décès à l’étranger, l’Autorité délivre à la place un extrait du registre (tamtsit richoum).
La ’hevra kadicha : cimetière, emplacement et heure des obsèques
La ’hevra kadicha fixe l’heure et le lieu des obsèques, souvent pour le jour même ; on peut lui demander d’attendre un jour ou deux l’arrivée des proches qui vivent à l’étranger. L’inhumation gratuite a lieu dans le cimetière de la commune de résidence inscrite au registre de la population ; si le décès est survenu hors de l’hôpital (à domicile, par exemple), elle est aussi possible dans la commune du décès. Une personne décédée à l’hôpital n’est inhumée gratuitement que dans sa commune de résidence, sauf s’il n’y a pas sur place de cimetière conforme à ses convictions (un cimetière civil, par exemple) : elle peut alors l’être aussi dans la ville où se trouve l’hôpital. Si la personne était soignée dans un hôpital psychiatrique, gériatrique ou de long séjour et que son adresse avait été remplacée par celle de l’hôpital, la famille peut aussi choisir l’ancienne commune de résidence, à condition que le changement date de moins de sept ans. Pour savoir qui paie quoi, voyez le prix de l’enterrement et de la pierre tombale. On peut demander à la famille d’un olé une preuve qu’il était juif, comme son acte de naissance et celui de sa mère. Pour ramener en Israël un résident décédé à l’étranger, la ’hevra kadicha a besoin d’une attestation de résidence du Bitouah Leoumi ; une garantie financière peut en tenir lieu pendant la vérification.
L’inhumation civile
La loi permet à chacun d’être inhumé selon ses convictions, dans un cimetière civil ou une parcelle civile. Dans certains cimetières, l’inhumation civile est prise en charge comme l’inhumation religieuse : vérifiez que l’organisme d’inhumation est agréé, et choisissez « civil » dans le simulateur du Bitouah Leoumi. Il existe aussi des parcelles prises en charge pour les personnes sans religion.
Prévenir la famille, les amis et l’employeur
En général, une seule personne envoie à tous les groupes un message avec l’heure et le lieu des obsèques. Remplissez les informations ici pour obtenir un avis prêt à envoyer ou à imprimer, ou voyez des modèles de formulation. Prévenez l’employeur : jusqu’à sept jours de congé de deuil sont payés pour un conjoint, un parent, un frère, une sœur ou un enfant, après trois mois d’ancienneté.
Les obsèques et la chiva
La coutume juive est d’inhumer vite, souvent le jour même, mais jamais pendant Chabbat ni à Yom Kippour, et les fêtes ont leurs propres règles : une personne décédée pendant Chabbat est inhumée après la sortie du Chabbat. La chiva commence au retour du cimetière et se compte à partir de l’inhumation ; la plupart des démarches suivantes peuvent attendre sa fin (quand se termine la chiva). Le déroulement des obsèques, et ce que fait la famille pendant la chiva.
Les premières semaines : les démarches
Le service « livouï le-a’har petira » (accompagnement après un décès), accessible aux conjoints, parents et enfants dans leur espace personnel sur gov.il, réunit l’essentiel : acte de décès, demande d’ordonnance, droits auxquels vous pouvez prétendre, recherche des comptes et des assurances.
Le Bitouah Leoumi
- Les frais d’inhumation vont directement à la ’hevra kadicha.
- L’allocation de décès (ma’anak petira) est en général versée automatiquement au conjoint d’un bénéficiaire de prestation ; sinon, faites une demande.
- La pension de survivant (veuve, veuf, orphelins) se demande en ligne ou en agence, dans les 12 mois suivant le décès. Le Bitouah Leoumi envoie lui-même le formulaire, et la demande couvre aussi l’allocation de décès.
Les comptes bancaires
Inutile de prévenir la banque : le ministère de l’Intérieur informe la plupart des établissements financiers. Les comptes sont alors gelés jusqu’à l’ordonnance de succession ou d’homologation, un compte joint aussi sauf clause de survie (« arikhout yamim ») signée à l’avance, et les prélèvements s’arrêtent. Le site public Har HaKessef retrouve les comptes ; interrogez aussi chaque banque.
Retraite, caisses de prévoyance et assurances
Une caisse de retraite peut verser une pension de survivant au conjoint, aux enfants et parfois aux parents. Caisses de prévoyance (koupot guémel), keren hichtalmout et assurance-vie reviennent aux bénéficiaires désignés, pas forcément aux héritiers, sur présentation de l’acte de décès ; Har HaBitoua’h retrouve les contrats. Après un an chez le même employeur, les survivants ont droit aux indemnités de licenciement.
Le registre de la population
Le décès est en général inscrit à partir du certificat médical. Le conjoint survivant met à jour sa situation familiale sur l’annexe (séfa’h) de sa carte d’identité, en personne, dans un bureau de l’Autorité, avec la carte d’identité du défunt. Un décès à l’étranger s’enregistre dans un bureau de l’Autorité ou au consulat d’Israël, avant toute demande d’ordonnance.
Ordonnance de succession ou homologation du testament
Rien ne se partage sans ordonnance : ordonnance d’homologation (tsav kiyoum tsava’a) s’il y a un testament, dont on joint l’original, ordonnance de succession (tsav yerousha) sinon. On la demande au Registre des successions, de préférence en ligne (le formulaire de l’ordonnance de succession existe en français : « Requête d’acte de notoriété »), ou à un tribunal religieux si tous sont d’accord ; on informe les héritiers, et on paie une taxe et des frais de publication. L’ordonnance, rendue en général en 40 jours environ, est numérique et transmise directement aux banques, aux assureurs et au cadastre (tabou).
Un avocat n’est pas obligatoire, mais avec de nombreux héritiers, des dettes ou des biens à l’étranger, un conseil juridique peut aider. Les dettes sont payées sur la succession avant le partage, et un héritier ne paie en général pas au-delà de ce qu’il a reçu.
Ce qu’il reste à résilier ou à transférer
- Les prélèvements propres au défunt (mutuelle privée, abonnements) : demandez leur arrêt à la date du décès.
- L’arnona (taxe municipale), l’électricité, l’eau et le téléphone que le foyer continue de payer : transférez le prélèvement au nom d’un héritier.
- Une aide à domicile : le décès met fin au contrat ; dernier salaire, préavis et, après un an, indemnités de licenciement sont en général payés sur la succession.
Ce que les papiers ne gardent pas
Cette liste se règle en quelques mois. Ce qui s’est dit pendant la chiva, les histoires et les photos sorties des placards, se perd plus facilement. Une page de mémoire sur Place a Stone le garde en un seul endroit : une fois la page ouverte, les proches envoient leurs souvenirs, et la famille approuve chacun avant qu’il n’apparaisse.
Un seul endroit pour tout ce qui reste
Une page de mémoire que vous tenez : l’histoire d’une vie, des photographies, des enregistrements, et les souvenirs que la famille et les amis envoient et que vous validez. Un rappel avant chaque hazkara si la page affiche les dates hébraïques, et tout se télécharge à tout moment. Créer et remplir la page est gratuit. Elle reste privée, visible de vous seul, jusqu’à ce que vous l’ouvriez aux autres en un seul paiement : 99 ₪ en Israël, 39 $ ailleurs. Sans abonnement.
Questions fréquentes
Que faire en cas de décès à domicile en Israël ?
Appeler le Magen David Adom (101) ou un médecin, préparer le dossier médical, puis appeler le *0120, joignable à toute heure, pour le transfert du corps.
Comment obtenir un acte de décès israélien ?
Les proches parents le téléchargent gratuitement dans leur espace personnel sur gov.il dès que le décès est enregistré ; on peut aussi le demander en bureau ou par courrier. Il est en hébreu uniquement.
Faut-il un avocat pour une succession en Israël ?
Non, et la demande peut se faire en ligne ; dans les cas complexes (nombreux héritiers, dettes, biens à l’étranger), un conseil juridique aide.
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