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Chiva (shiva) : les 7 jours de deuil, comment rendre visite

Des proches observent la chiva et vous voulez y aller, sans bien savoir ce qui s’y passe. Voici ce qu’est cette semaine, quoi apporter, quoi dire, et les usages bons à connaître, que vous soyez juif ou non.

Mis à jour le · 6 min de lecture

Les usages varient entre ashkénazes et séfarades, entre familles pratiquantes ou non, et d’une maison à l’autre. Pour une question de loi juive, adressez-vous au rabbin de la famille.

Qu’est-ce que la chiva ?

Chiva signifie « sept » en hébreu : ce sont les sept premiers jours du deuil, comptés à partir du jour de l’inhumation (si elle se termine après la tombée de la nuit, comme lors d’obsèques de nuit, on compte à partir du lendemain). Les sept proches parents (père, mère, fils, fille, frère, sœur et conjoint) restent à la maison, en général chez le défunt, et les amis et la communauté viennent à eux. La chiva commence au retour du cimetière. Si l’inhumation a lieu pendant une fête, y compris ’Hol HaMoèd, la chiva ne commence qu’après la fête : le rabbin donnera les dates. Ce qui se passe lors des obsèques

Les endeuillés s’assoient sur des sièges bas ou des coussins. Vous remarquerez peut-être aussi :

  • Une bougie allumée toute la semaine et, dans beaucoup de maisons, des miroirs couverts. À propos de la bougie commémorative
  • Un vêtement déchiré : la kéria, faite aux obsèques et portée toute la semaine.
  • Des endeuillés en chaussettes, non rasés : pendant la chiva, l’usage est de ne pas porter de chaussures en cuir, de ne pas se raser ni se couper les cheveux, de ne pas travailler ni sortir.
  • Des offices à heures fixes, matin et soir, avec un minyan, pour que les endeuillés puissent réciter le Kaddich à la maison.

Quand venir et combien de temps rester

L’avis de décès indique en général l’adresse et les horaires des visites et des offices ; respectez-les, la famille a besoin de se reposer entre deux. Selon certains, les premiers jours sont réservés aux plus proches ; si vous connaissiez moins bien le défunt, venir plus tard dans la semaine est une délicatesse. Vingt minutes à une demi-heure suffisent en général.

Venir pour un office rend un vrai service : selon l’usage orthodoxe, un minyan demande dix hommes, difficiles à réunir en semaine. Si vous ne connaissez pas les prières, restez en silence avec les autres et parlez aux endeuillés après l’office.

Que faut-il apporter à une chiva ?

Une maison de chiva reçoit beaucoup et ne cuisine presque pas : on apporte donc surtout à manger. Le premier repas après l’enterrement, la séoudat havraa (« repas de rétablissement »), est traditionnellement préparé par d’autres et comporte souvent des œufs durs ou des lentilles, des aliments ronds. Ensuite :

  • Demandez d’abord. Souvent, une personne coordonne les repas, pour éviter dix gâteaux le même jour.
  • Respectez la cacherout. Si la famille mange cachère, achetez chez un traiteur ou un boulanger cachère, sous emballage fermé.
  • Simplifiez. Barquettes jetables, une étiquette, rien à rapporter.
  • Pas de fleurs. Les fleurs ne font pas partie du deuil juif traditionnel. Pour faire un geste à la mémoire du défunt, on donne la tsédaka à une cause qui lui tenait à cœur.

Que dire pendant une visite de chiva ?

La tradition demande trois choses aux visiteurs, et aucune n’est un discours :

  1. Ne saluez pas les endeuillés. Entrez en silence, sans « bonjour » ni « comment ça va ». La porte reste souvent ouverte pour que personne n’ait à sonner. Si les endeuillés restent assis, c’est l’usage, pas de la froideur.
  2. Laissez l’endeuillé parler en premier. Asseyez-vous près de lui et attendez : il voudra peut-être parler du défunt, d’autre chose, ou se taire. Un seul souvenir précis (sa façon de siffler en attendant le bus) console plus que toute formule.
  3. Dites les paroles traditionnelles en partant, à la place d’un au revoir :
המקום ינחם אתכם בתוך שאר אבלי ציון וירושליםHaMakom yena’hem et’hem betokh che’ar avelé Tsion viYerouchalayim
Que l’Omniprésent vous console parmi les endeuillés de Sion et de Jérusalem

HaMakom, littéralement « le Lieu », est un nom de Dieu : Celui qui est présent partout, ici aussi. À un seul endeuillé, certains disent otkha (homme) ou otakh (femme) au lieu de et’hem. Beaucoup de séfarades disent « Min hachamayim tenou’hamou » (« Soyez consolés par le Ciel »). Si l’hébreu ne vous vient pas, « toutes mes condoléances » suffit. Pour les cartes, les messages et les phrases à éviter : que dire à une personne en deuil.

La chiva quand on n’est pas juif

Vous êtes le bienvenu, et personne n’attend de vous que vous connaissiez les usages.

  • Une tenue simple et sobre. Le noir n’est pas obligatoire. Dans une famille pratiquante, les femmes portent en général une jupe sous le genou et couvrent leurs épaules ; on peut proposer une kippa aux hommes pendant les prières : la porter est une simple courtoisie.
  • Attendez avant de tendre la main. Dans les foyers pratiquants, certains ne touchent pas une personne de l’autre sexe hors de la famille ; laissez l’endeuillé tendre la main le premier.
  • Une carte sobre, sans croix ni image de saint. Quelques mots écrits à la main suffisent.
  • Vous n’avez pas à participer. Personne n’attend que vous priiez ni que vous mettiez votre foi de côté. Être là, c’est l’essentiel.

Que se passe-t-il le Chabbat pendant la chiva ?

Le Chabbat compte parmi les sept jours, mais le deuil ne s’y montre pas en public. Les endeuillés se lèvent le vendredi après-midi pour se préparer ; le Chabbat, ils s’habillent normalement, portent des chaussures, s’assoient sur des chaises ordinaires et vont à la synagogue, tandis que le deuil privé continue. La chiva reprend à la sortie du Chabbat. La plupart des familles ne reçoivent pas le Chabbat, si bien que le samedi soir est l’un des moments les plus fréquentés.

Quand se termine la chiva ?

Le matin du septième jour, après l’office du matin : une partie de ce jour compte pour un jour entier. Si l’enterrement a eu lieu un mardi, la chiva se termine le lundi suivant au matin. Les présents restent quelques minutes avec les endeuillés, puis leur disent de se lever ; certains récitent un verset d’Isaïe :

Ton soleil ne se couchera plus, ta lune ne disparaîtra plus,car l’Éternel sera pour toi une lumière éternelle, et les jours de ton deuil seront achevés.
Isaïe 60, 20

Beaucoup de familles font alors ensemble le tour du pâté de maisons (un premier pas vers le monde) ou se rendent au cimetière. Une grande fête (Roch Hachana, Yom Kippour, Pessa’h, Chavouot ou Souccot) met en général fin à la chiva plus tôt : le calculateur de chiva et de chelochim donne les dates, et en cas de doute, le rabbin tranche. Le deuil se poursuit ensuite plus discrètement pendant les chelochim, les trente premiers jours, et pour un père ou une mère, toute l’année. Chelochim, hazkara : la suite du deuil

Les histoires racontées pendant la chiva

La chiva amène aussi ceux qui n’étaient pas aux obsèques, souvent avec une histoire. Les albums sortent des tiroirs, quelqu’un retrouve une vieille lettre, et le soir venu chacun a sa version de la même blague de famille. Une page de mémoire peut garder tout cela : une fois la page ouverte, celui qui a raconté une histoire l’y écrit, les proches trop loin pour venir envoient la leur, et la famille approuve chaque souvenir avant qu’il n’apparaisse.

Un seul endroit pour tout ce qui reste

Une page de mémoire que vous tenez : l’histoire d’une vie, des photographies, des enregistrements, et les souvenirs que la famille et les amis envoient et que vous validez. Un rappel avant chaque hazkara si la page affiche les dates hébraïques, et tout se télécharge à tout moment. Créer et remplir la page est gratuit. Elle reste privée, visible de vous seul, jusqu’à ce que vous l’ouvriez aux autres en un seul paiement : 99 ₪ en Israël, 39 $ ailleurs. Sans abonnement.

Questions fréquentes

Combien de jours dure la chiva ?

Sept jours, comptés à partir de l’inhumation ; elle se termine le matin du septième jour.

Peut-on apporter des fleurs ?

Mieux vaut s’en abstenir : une maison de chiva a surtout besoin de repas tout prêts. Si vous tenez à faire un geste, un don à une cause chère au défunt est l’usage.

Peut-on rendre visite le samedi soir ?

Oui : la chiva reprend à la sortie du Chabbat, et beaucoup viennent à ce moment-là. Vérifiez les horaires indiqués par la famille.

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