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L’année de deuil juif : interdits, mariages, premières fêtes

Après les chelochim, le deuil s’achève pour la plupart des proches. Pour un père ou une mère, il continue, plus discrètement, pendant douze mois. Voici ce qui est d’usage cette année-là, où les rabbins divergent, et comment traverser les premières fêtes.

Mis à jour le · 6 min de lecture

Ce sont des usages, qui varient selon les communautés : ashkénazes, séfarades, ’Habad. Pour une question de loi juive, demandez au rabbin de la famille.

Combien de temps dure le deuil pour un parent ?

Pour un père ou une mère, le deuil dure douze mois hébraïques, comptés à partir de l’inhumation. Pour les autres proches pour qui l’on fait la chiva (frère, sœur, fils, fille, conjoint), il s’achève avec les chelochim, le trentième jour. Y compris pour des parents qui ont perdu un enfant : la loi compte des usages, pas le manque. Les grands-parents ne font pas partie des sept proches : pas d’année de deuil pour eux. L’année est plus calme que la chiva : la vie reprend, avec moins de réjouissances et, pour les fils, le Kaddich chaque jour.

Le calcul dans une année embolismique

Une année embolismique compte treize mois, mais selon le Choul’han Aroukh le deuil s’achève après douze ; la hazkara reste à la date hébraïque du décès, un mois plus tard. Pour une mère inhumée en Kislev d’une année embolismique, qui compte deux mois d’Adar, le deuil se termine en Hechvan et la première hazkara tombe en Kislev.

Deuil juif : les interdits de l’année, et ce qui est permis

Les usages courants du deuil d’un parent, après les chelochim :

  • Réjouissances. Pas de mariages, de soirées ni de dîners faits pour s’amuser. Beaucoup permettent un repas de Chabbat tranquille en famille ou chez des amis.
  • Musique. Beaucoup n’en écoutent aucune de l’année ; certains décisionnaires permettent une musique douce, non joyeuse, et qui en a besoin pour travailler ou dormir peut suivre les avis plus souples.
  • Vêtements neufs. Les ashkénazes n’en achètent ni n’en portent de l’année ; en cas de besoin, après les chelochim, quelqu’un d’autre les porte d’abord un jour ou deux. Le simple nécessaire est permis. Les séfarades, selon le Yalkout Yossef, ne sont stricts après les chelochim que pour un vêtement blanc et neuf.
  • Cheveux. Le Choul’han Aroukh fait attendre que les amis en fassent la remarque. Les ashkénazes attendent environ trois mois, certains toute l’année sauf vrai besoin ; chez les séfarades, pas de délai fixe de trois mois.
  • Sorties. On évite concerts et sorties faites pour s’amuser ; des vacances pour se reposer, ou un voyage avec son conjoint, beaucoup le permettent.

L’année de deuil n’est pas une longue chiva : le travail, les études et les rires continuent.

Aller à un mariage pendant l’année de deuil

Le Choul’han Aroukh écarte toute l’année du repas de noces celui qui est en deuil d’un parent, et rapporte une controverse sur la cérémonie elle-même. En pratique, quand les mariés en seraient très blessés, beaucoup viennent après les chelochim à la houppa seulement, et repartent avant le repas et les danses ; certains sont plus stricts. Au mariage d’un très proche parent, un frère ou une sœur par exemple, l’endeuillé peut selon certains rester au repas, assis à l’écart, en aidant au service et en sortant pendant la musique et les danses. Une bar-mitsva ou une brit mila, repas de mitsva, laissent plus de place, surtout sans musique ; les séfarades sont ici plus souples.

Le mariage de son enfant, et le sien

Le mariage d’un enfant n’est pas repoussé à cause du deuil, et les parents y prennent pleinement part, même pendant les chelochim. Pour la danse, les avis divergent : un peu, si les mariés le demandent, ou sans limite. Se marier soi-même est permis aussi : le Choul’han Aroukh l’autorise après les chelochim, repas de noces compris. Voyez les détails avec le rabbin, et décidez à l’avance comment votre père ou votre mère sera présent ce jour-là : une visite au cimetière, une phrase dans un discours, une photo à l’entrée.

Le Kaddich et la conduite de l’office

Les fils récitent le Kaddich à chaque office, avec un minyan (dix hommes, selon l’usage orthodoxe). Les ashkénazes le disent onze mois ; beaucoup de communautés séfarades et orientales l’interrompent une semaine au début du douzième mois, puis le reprennent jusqu’à la fin des douze mois. L’endeuillé qui sait conduire la prière officie en semaine, mais selon l’usage ashkénaze pas le Chabbat ni les jours de fête, et à Roch Hachana et Yom Kippour seulement s’il n’y a personne d’autre. Beaucoup changent aussi de place à la synagogue pour l’année.

Les premières fêtes après un décès

Une fête qui tombe pendant la chiva y met en général fin, et une fête pendant les chelochim peut les écourter ; le calculateur de chiva et de chelochim indique comment, et en cas de doute, le rabbin tranche. Les usages de l’année, eux, continuent.

Roch Hachana

Beaucoup se rendent sur la tombe de leurs parents la veille de Roch Hachana. À la synagogue, l’endeuillé prie normalement, sans officier s’il y a quelqu’un d’autre.

Le Séder

Le Séder se fait comme d’habitude : l’endeuillé boit les quatre coupes et s’accoude. Chez les ashkénazes, certains ne mettent pas le kittel la première année et s’accoudent sobrement. Un Séder avec une autre famille ou à l’hôtel est permis ; on évite seulement les soirées communes de l’hôtel.

Yizkor

Les ashkénazes disent Yizkor à Yom Kippour, à Chemini Atséret, le dernier jour de Pessa’h et à Chavouot (hors d’Israël, le huitième jour de Pessa’h et le second de Chavouot). La première année, certains endeuillés sortent pendant Yizkor, pour ne pas pleurer devant l’assemblée ; d’autres, suivant de grands décisionnaires, le disent dès la première fête. Les séfarades et les communautés orientales disent la Hachkava. Yizkor avec le nom

La fin de l’année et la première hazkara

Au terme des douze mois, les usages du deuil prennent fin. La première hazkara tombe à la date hébraïque du décès (si l’enterrement a été retardé, certains fixent la première à la date de l’enterrement : demandez au rabbin), avec la réunion au cimetière, une bougie et le Kaddich. Voir la hazkara et le calendrier du deuil et le déroulement d’une hazkara.

Quand tombe la hazkara ?

Le calculateur trouve la date hébraïque du décès et la hazkara des dix prochaines années.

Les premières fêtes, les anniversaires et la place vide

La loi juive dit ce qui est permis, pas comment s’asseoir à une table de fête où quelqu’un manque. Ce qui aide les familles :

  • Décider à l’avance, ensemble : où, qui reçoit, qui fait le kiddouch. Une fête qui arrive « toute seule » arrive souvent de la manière la plus dure. Demandez au parent qui reste ce qu’il souhaite ; les enfants, eux, ont leurs propres questions : comment leur parler de la mort.
  • La place vide. La laisser vide, y installer l’aîné des petits-enfants ou réorganiser la table : toute réponse est bonne si chacun la connaît à l’avance.
  • Dire son nom. Les endeuillés craignent le silence plus que l’évocation. Dans une famille, au premier Séder sans le grand-père, sa petite-fille a lu dans sa Haggada à lui (taches de vin, notes au crayon dans les marges) en s’arrêtant pour lire chaque note à voix haute.
  • Son anniversaire ne figure dans aucun calendrier juif, et c’est souvent le jour le plus dur de l’année. Prévoyez quelque chose de simple : cuisiner ce qu’elle aimait, donner la tsédaka, retrouver vos frères et sœurs. Et pour votre premier anniversaire sans son appel, demandez à un proche de vous téléphoner.

Les histoires racontées à table se perdent parmi les premières. Une page de mémoire peut les garder : une fois la page ouverte, qui en a raconté une l’y écrit, les proches à l’étranger ajoutent les leurs, et la famille approuve chaque souvenir avant qu’il n’apparaisse. Si le chagrin n’est pas plus léger à la fin de l’année, ce n’est pas un échec : un psychologue ou votre médecin peuvent aider.

Questions fréquentes

Quels sont les interdits de l’année de deuil juif ?

Pour un parent, l’usage est d’éviter douze mois les réjouissances, la musique et les vêtements neufs, et d’attendre avant de se couper les cheveux. Demandez au rabbin de la famille.

Y a-t-il une année de deuil pour un grand-parent ou un frère ?

Non. Pour un frère ou une sœur, le deuil s’achève avec les chelochim, et les grands-parents ne font pas partie des sept proches, même si la famille élargie s’associe un peu au deuil des premiers jours.

Comment calculer l’année de deuil juif ?

Douze mois hébraïques à partir de l’inhumation, même dans une année de treize mois. La hazkara annuelle suit la date hébraïque du décès, que le calculateur trouve.

Un seul endroit pour tout ce qui reste

Une page de mémoire que vous tenez : l’histoire d’une vie, des photographies, des enregistrements, et les souvenirs que la famille et les amis envoient et que vous validez. Un rappel avant chaque hazkara si la page affiche les dates hébraïques, et tout se télécharge à tout moment. Créer et remplir la page est gratuit. Elle reste privée, visible de vous seul, jusqu’à ce que vous l’ouvriez aux autres en un seul paiement : 99 ₪ en Israël, 39 $ ailleurs. Sans abonnement.

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