Place a StoneDes histoires qui restent

Comment écrire un éloge funèbre : questions pour commencer

On vous a demandé de prendre la parole demain, et vous êtes devant une page blanche. C’est normal. Presque tout le monde ressent la même chose. Un bon éloge n’a pas besoin d’être long ni éloquent. Il doit permettre à ceux qui sont là de revoir la personne une dernière fois.

Mis à jour le · 7 min de lecture

À quoi sert un éloge funèbre

Un éloge funèbre (hesped en hébreu) fait deux choses : il honore la personne disparue, et il aide ceux qui restent à pleurer et à se souvenir de ce qu’elle leur a appris. La tradition juive y ajoute une règle qui vaut pour tous : l’éloge doit être vrai. On n’exagère pas, on n’attribue pas à quelqu’un ce qui n’était pas en lui. C’est aussi le secret d’un bon éloge : ce qui touche, c’est la vérité, pas les superlatifs.

Avant d’écrire : rassembler des histoires, pas des adjectifs

L’erreur la plus fréquente est une liste de qualités : « Il était généreux, sage, aimant. » Tout le monde le sait déjà. Ce qui reste, c’est une histoire qui montre cette générosité. Posez-vous ces questions, et posez-les à la famille :

  • Que faisait-il le samedi matin ?
  • Quelle phrase répétait-il sans cesse ?
  • Que vous a-t-il appris sans le vouloir ?
  • À quel moment avez-vous vu qui il était vraiment ? Un seul petit moment.
  • Qu’est-ce qui le faisait rire ? Sur quoi ne cédait-il jamais ?
  • Qu’est-ce qui manquera, concrètement, un jour ordinaire ?

Notez tout ce qui vient, sans trier. Un coup de fil de cinq minutes à un frère ou à un vieil ami donne souvent la meilleure histoire.

Une structure simple qui fonctionne

  1. L’ouverture (une ou deux phrases) : qui vous êtes et quel était votre lien. « Je suis Noa, la petite-fille aînée de Rachel. »
  2. Qui il était : quelques phrases sur sa vie (d’où il venait, ce qu’il faisait, qui étaient les siens). Pas une biographie complète.
  3. Deux ou trois histoires : chacune montre une autre facette. C’est le cœur de l’éloge.
  4. Ce qu’il laisse : ce qui continue après lui (une valeur, une habitude, une expression, une recette, une famille).
  5. La conclusion : adressez-vous à lui directement, lisez un verset, ou terminez par une phrase qu’il aurait dite. « Repose en paix, Mamie. On continuera à faire ton gâteau. »

Combien de temps parler

Trois à cinq minutes, soit environ 400 à 600 mots. Plusieurs personnes prennent généralement la parole, et au cimetière l’assistance est debout. Un éloge court et précis vaut mieux qu’un long discours dispersé. Si vous avez beaucoup à dire, gardez-en une partie pour les chelochim ou la hazkara.

Ce qu’il vaut mieux éviter

  • Régler des comptes. Ce n’est pas le lieu pour un vieux différend familial, même par allusion.
  • Les plaisanteries que seules deux personnes comprennent. Si une blague doit être expliquée, elle ne fonctionne pas dans un éloge.
  • L’exagération. « Le meilleur homme du monde » touche moins qu’une seule histoire vraie de bonté.
  • Les longs détails médicaux. Une phrase, si nécessaire. L’éloge parle de la vie.

Se lever et le lire

  • Imprimez-le ou écrivez-le en gros caractères. L’écran d’un téléphone s’éteint toujours au mauvais moment.
  • Lisez-le à voix haute au moins une fois avant, pour entendre où vous butez.
  • On a le droit de pleurer. On a le droit de s’arrêter, de respirer et de reprendre. Personne n’attend un discours parfait.
  • Si vous craignez de ne pas y arriver, demandez à un proche de se tenir à côté de vous et de poursuivre la lecture si besoin.

Certains jours (’Hol HaMoèd, Roch ’Hodech, ’Hanouka, Pourim, le mois de Nissan et d’autres), on ne prononce pas d’éloge funèbre lors d’obsèques juives ; on dit seulement quelques mots à la mémoire du défunt. Si l’enterrement tombe un tel jour, renseignez-vous auprès du rabbin ou de la ’hevra kadicha.

Un court exemple

Papi Moché n’aimait pas les discours, alors je serai bref.Chaque vendredi à six heures du matin, il allait au marché, pas parce qu’on avait besoin de quelque chose, mais parce que le vendeur d’olives était tout seul.Il m’a appris à réparer un vélo, à jouer au backgammon et à ne jamais abandonner.Papi, je te promets de continuer à aller au marché.
Un exemple seulement : votre éloge doit vous ressembler

Après les obsèques

Les éloges font partie de la mémoire. Gardez le vôtre, et demandez aux autres ce qu’ils ont dit. Une page de mémoire est un bon endroit pour les conserver, avec les histoires qui n’y ont pas trouvé place ; une fois la page ouverte, ceux qui n’étaient pas là pourront les lire à la date anniversaire.

Un seul endroit pour tout ce qui reste

Une page de mémoire que vous tenez : l’histoire d’une vie, des photographies, des enregistrements, et les souvenirs que la famille et les amis envoient et que vous validez. Un rappel avant chaque hazkara si la page affiche les dates hébraïques, et tout se télécharge à tout moment. Créer et remplir la page est gratuit. Elle reste privée, visible de vous seul, jusqu’à ce que vous l’ouvriez aux autres en un seul paiement : 99 ₪ en Israël, 39 $ ailleurs. Sans abonnement.

Questions fréquentes

Combien de personnes prennent la parole en général ?

Deux à cinq le plus souvent : la famille proche, parfois un ami ou le rabbin. Mettez-vous d’accord à l’avance pour que chacun ne raconte pas la même histoire.

Quelqu’un d’autre peut-il lire mon éloge ?

Oui. Si un membre de la famille ne peut pas parler, quelqu’un peut lire à sa place. Il suffit de le dire au début.

Un éloge peut-il être drôle ?

Si la personne avait de l’humour, un peu d’humour fidèle à elle est bienvenu et soulage souvent. Restez chaleureux, et parlez d’elle.

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