Éloge funèbre pour un mari ou une épouse, avec des exemples
De tous ceux qui seront là, c’est vous qui le ou la connaissiez le mieux, et peut-être vous qui aurez le plus de mal à parler. Ce guide s’adresse aux veuves et aux veufs, et aux enfants et amis qui parlent d’un couple.
Mis à jour le · 6 min de lecture
Les bases (durée, structure, lecture à voix haute) sont dans comment écrire un éloge funèbre. Cette page parle de votre mari ou de votre femme.
Faut-il prendre la parole à l’enterrement de son conjoint ?
Non. Personne ne l’attend, et beaucoup de veuves et de veufs ne parlent pas. D’autres y tiennent, puis découvrent le matin même qu’ils n’ont plus de voix. On peut se préparer aux deux :
- Écrire le texte et le faire lire par quelqu’un d’autre : un fils ou une fille, un frère, un ami proche, le rabbin. Gardez la première personne, qu’il commence par « Voici les mots de Martine pour Alain », et donnez-lui la veille une copie en gros caractères.
- Se tenir à côté de celui qui lit, et peut-être dire soi-même la dernière phrase.
- Écrire trois phrases plutôt que trois pages. Venant d’un mari ou d’une épouse, quelques mots en disent parfois plus qu’un long discours.
- Parler plus tard, au bout d’un mois ou d’un an, quand c’est souvent plus facile.
Raconter un couple sans parler de soi
L’éloge d’un conjoint glisse souvent vers le « nous » (notre mariage, nos voyages, notre maison), jusqu’à ce que la personne s’efface derrière le couple, ou derrière le deuil. Les deux sont vrais. Aucun des deux n’est l’éloge.
- Commencez avant votre rencontre. Accordez une phrase aux années d’avant le mariage, ou demandez une histoire à un vieil ami.
- Racontez ce que personne d’autre n’a vu : comment elle était à six heures du matin, la voix qu’il prenait pour parler au chien, ce qui lui faisait peur. Un détail de ce genre vaut toute une biographie.
- Tournez chaque histoire du « nous » vers lui ou vers elle. Demandez-vous ce qu’elle révèle de la personne, et gardez cette part.
- Accordez une phrase à votre chagrin. « Je ne sais pas encore vivre dans une maison où on ne l’entend plus » : c’est honnête, et cela suffit. Puis revenez à lui.
- S’il était drôle, soyez-le aussi. Si le rire faisait partie de votre mariage, une histoire qui fait sourire sera peut-être le plus vrai de votre éloge.
Un long mariage, un mariage court, un second mariage
- Après quarante ou cinquante ans, laissez les grandes dates que tout le monde connaît et racontez un matin ordinaire : qui faisait le café, ce qui se disait autour. Un long mariage vit dans ses habitudes.
- Après un mariage court, vous pleurez aussi un avenir, et vous pouvez le dire. Ses parents ont perdu un enfant ; une phrase pour eux compte.
- Dans un second mariage, une part de sa vie a d’abord appartenu à d’autres. Dites-le généreusement (« Pendant trente ans avant notre rencontre, Bernard a été le mari de Josiane et le père de Luc et de Sarah ») et nommez les enfants de chaque union.
- Dans une famille recomposée, décidez à l’avance qui parle, et laissez s’exprimer les beaux-enfants et les enfants d’une première union s’ils le souhaitent. Eux aussi ont perdu quelqu’un.
Après une maladie, ou une mort brutale
Si vous étiez aussi l’aidant (le pilulier, les nuits, les salles d’attente), une ou deux phrases suffisent : « Les deux dernières années, ce furent des hôpitaux et des horaires de médicaments, et elle a détesté chaque minute où l’on s’occupait d’elle. » Puis revenez à la vie. Laissez de côté votre propre dévouement : tout le monde l’a vu. Remerciez plutôt par leur nom ceux qui ont aidé : l’infirmière du service, l’amie qui prenait la nuit du jeudi pour que vous puissiez dormir. Si le décès a été brutal, dites ce qui s’est passé en une phrase simple, puis parlez de la vie.
Quand les enfants écoutent
- Adressez-vous à eux une fois, par leur prénom : « Théo, tu cries sur l’arbitre exactement comme lui. »
- Ne leur confiez pas de mission. « C’est toi l’homme de la maison maintenant » part d’un bon sentiment, mais un enfant y entend un poids.
- Avec de jeunes enfants, soyez bref, et dites-leur à l’avance ce qu’ils verront et entendront. Parler de la mort aux enfants
- Avec des enfants adultes, partagez-vous le terrain : eux parlent du parent, vous du conjoint.
Si vous parlez d’un couple
Quand un enfant ou un vieil ami prend la parole (souvent au décès du second parent), racontez le mariage tel que vous l’avez vu du dehors : leurs disputes en voiture, la chanson sur laquelle ils dansaient à chaque mariage. Et si le conjoint qui reste est là, regardez-le une fois.
Deux courts exemples
Pour un mari
Je suis Martine, et j’ai été la femme d’Alain pendant trente-huit ans. Pendant tout ce temps, il a noté dans un carnet chaque film vu ensemble, avec deux notes sur dix : la sienne et la mienne. Nous n’étions presque jamais d’accord. Il a mis quatre à mon film préféré et l’a défendu pendant trente ans. La dernière page date de la semaine avant sa mort : il a mis neuf, moi six, et pour une fois, c’était lui le plus indulgent.Alain, j’ai commencé un nouveau carnet. Je ne sais pas noter sans toi.
Pour une épouse
Nicole lisait toujours la dernière page d’un roman en premier : elle ne pouvait pas profiter d’une histoire en s’inquiétant de la fin. Au printemps, quand elle ne pouvait plus tenir un livre, je lui lisais à l’hôpital, et elle m’a fait commencer par la fin.Elle a passé ses derniers mois à s’assurer que je m’en sortirais. Elle a étiqueté le tableau électrique et noté sur le calendrier de la cuisine les anniversaires de tout le monde jusqu’en décembre prochain.Nicole, j’ai lu la dernière page. La fin ne me plaît toujours pas.
Les chelochim, la hazkara et l’anniversaire du décès
Un mois ou un an après, les mots sont plus courts et plus intimes : ce qu’a été l’année sans lui ou sans elle, ce que vous avez appris à faire à sa place. Que dire pour l’anniversaire du décès
Dans la tradition juive, le mari ou l’épouse fait partie des sept proches qui observent la chiva. Le deuil pour un conjoint dure trente jours, les chelochim, à partir de l’inhumation ; les douze mois sont pour un père ou une mère. À la hazkara des chelochim, la veuve ou le veuf termine donc, selon l’usage, son deuil, tandis que les enfants, en deuil d’un parent, le poursuivent toute l’année. C’est un compte d’usages, pas de chagrin. L’année de deuil
Le Kaddich pour un conjoint n’est pas non plus une obligation, comme il l’est pour un parent. Certaines communautés le disent jusqu’à la fin des chelochim, d’autres le prolongent quand il n’y a pas d’enfants pour le dire ; demandez au rabbin.
Lettre à mon mari décédé, à ma femme décédée
Beaucoup de veuves et de veufs continuent d’écrire à celui ou celle à qui ils racontaient tout : à l’anniversaire de mariage, le jour de son anniversaire, avant la première hazkara. La méthode est la même que pour une lettre à un parent disparu ; ce qui y entre, ce sont les petites nouvelles d’une vie à deux : la chaudière qui a fini par lâcher, la décision qu’il a fallu prendre sans son avis, et dont vous auriez aimé débattre.
Certains gardent leurs lettres et l’éloge sur une page de mémoire ; une fois la page ouverte, les amis du couple peuvent y envoyer leurs histoires. La famille approuve chaque souvenir avant qu’il n’apparaisse.
Un seul endroit pour tout ce qui reste
Une page de mémoire que vous tenez : l’histoire d’une vie, des photographies, des enregistrements, et les souvenirs que la famille et les amis envoient et que vous validez. Un rappel avant chaque hazkara si la page affiche les dates hébraïques, et tout se télécharge à tout moment. Créer et remplir la page est gratuit. Elle reste privée, visible de vous seul, jusqu’à ce que vous l’ouvriez aux autres en un seul paiement : 99 ₪ en Israël, 39 $ ailleurs. Sans abonnement.
Questions fréquentes
Combien de temps doit durer l’éloge funèbre de son mari ?
Trois à cinq minutes, soit 400 à 600 mots ; deux ou trois si quelqu’un le lit pour vous.
Peut-on faire lire son texte d’hommage par quelqu’un d’autre ?
Oui, beaucoup le font. Écrivez à la première personne ; le lecteur dit au début de qui sont ces mots.
Et s’il s’agit d’un ex-mari ?
Vous pouvez écrire un texte d’hommage, surtout si vous avez eu des enfants ensemble : parlez des années partagées et de ce qu’il leur a transmis. Pour parler aux obsèques, voyez d’abord avec sa famille d’aujourd’hui.
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