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Lettre à un parent disparu : un hommage à papa ou maman

Depuis le décès de votre père ou de votre mère, il y a ce que vous auriez voulu lui raconter, et ce que vous n’avez pas eu le temps de dire. Une lettre permet de le dire. Elle n’a pas besoin d’être belle ni finie, et personne d’autre que vous n’a à la lire.

Mis à jour le · 6 min de lecture

Pourquoi écrire à quelqu’un qui ne lira pas

Toute votre vie, quand il se passait quelque chose, vous pouviez le lui dire. Cette conversation ne s’est pas éteinte : elle s’est arrêtée au milieu d’une phrase. Beaucoup trouvent qu’écrire à leur mère ou à leur père la reprend : les nouvelles, le merci jamais dit à voix haute, la dispute jamais terminée. Certains professionnels qui accompagnent le deuil le conseillent pour cette raison précise. Pas besoin de croire que la lettre sera lue. Il suffit de l’avoir dit.

Une lettre n’est pas un éloge funèbre (pour cela, voyez l’éloge pour une mère ou pour un père). Elle s’adresse au défunt, et peut contenir ce que vous ne diriez jamais en public.

Quand l’écrire : son anniversaire, la date du décès, un jour où il aurait dû être là

  • Son anniversaire. Le premier après le décès est souvent plus dur qu’on ne l’imagine. Écrire donne un sens à cette journée.
  • L’anniversaire du décès. Le jour d’une messe anniversaire, d’une visite au cimetière ou, dans les familles juives, de la hazkara, à la date hébraïque. Le calculateur la trouve. Beaucoup écrivent une nouvelle lettre chaque année.
  • Un jour où il ou elle aurait dû être là. Un mariage, une naissance, un diplôme ; le premier Noël ou le premier Séder sans lui ; la fête des Mères ou des Pères.
  • Un jour ordinaire. Quand vous prenez le téléphone pour lui raconter quelque chose, et que vous vous souvenez. La première phrase est déjà là.

Comment commencer

  • Gardez les mots de toujours. Pas « Chère mère » si c’était Maman ; pas « Père » si c’était Papa, Papou ou Abba. Et si vous vouvoyiez vos parents, gardez le vous.
  • Commencez par l’endroit où vous êtes. « C’est dimanche, il pleut, je suis assise à la table de ta cuisine. » Cela met la main en mouvement.
  • Écrivez comme vous parliez. Si l’on ne disait pas « je t’aime » chez vous, inutile de commencer par là.
  • Ne visez pas un texte fini. Écrivez vite, à la main si vous pouvez, et ne relisez qu’à la fin. Vous pourrez la garder, la réécrire ou la déchirer.

Quoi écrire : des pistes

Si la page reste blanche, répondez à l’une de ces questions comme si elle venait de lui ou d’elle :

  • Ce qui s’est passé depuis ton départ. La petite-fille qui marche, le nouveau travail, les travaux que tu aurais critiqués.
  • Ce que je comprends maintenant. Une chose dite ou faite qui n’a pris son sens que lorsque vous vous êtes mis à faire pareil.
  • Un souvenir. Pas « tu as toujours été là pour moi », mais un après-midi : où vous étiez, ce qui a été dit, la lumière de ce jour-là.
  • Une question que je ne t’ai jamais posée. Sur son enfance, sur une décision, sur la façon dont il ou elle a tenu.
  • Merci. Pour quelque chose de précis : les trajets de nuit, l’argent donné comme si ce n’était rien.
  • Pardon. Pour la dernière dispute, la visite repoussée, l’absence à la fin. Il n’est jamais trop tard pour l’écrire.
  • Ce que je garde de toi. Une habitude, une recette, une expression que vous vous surprenez à dire.

Exemples

À une mère

Maman,Vendredi, j’ai fait ta soupe de lentilles avec ta fiche tachée, et elle était quand même trop épaisse. Tu n’as jamais noté ce que tu faisais à l’œil.Maya m’a demandé si c’était toi qui m’avais appris. J’ai dit oui, et j’ai dû sortir sur le balcon.Je t’appelais depuis la voiture pour avoir une excuse pour raccrocher. Pardon. Je donnerais beaucoup, aujourd’hui, pour un seul de ces appels, même un long, sur les voisins.

À un père, le jour de son anniversaire

Papa,Tu aurais eu soixante-quatorze ans aujourd’hui. J’ai acheté le gâteau au chocolat de supermarché que toi seul aimais.Depuis la naissance de Noam, je vérifie deux fois la serrure tous les soirs. Avant, je levais les yeux au ciel quand tu le faisais.Je ne t’ai jamais demandé : as-tu eu peur, quand tu as quitté Tunis à dix-neuf ans avec une seule valise ? Tu l’as toujours racontée comme une histoire drôle. J’aimerais entendre l’autre version.

Quand la relation était compliquée

Toutes les lettres ne sont pas des lettres d’amour. S’il y avait entre vous de la distance, de la colère ou des blessures, la lettre peut les contenir aussi, à côté de tout ce qui est vrai par ailleurs.

Papa,On ne s’est jamais vraiment parlé de ton vivant, et ce n’est pas plus facile maintenant.Je t’en veux encore pour les années où tu n’étais pas là. Et c’est aussi moi qui ai fait quatre heures de route pour m’asseoir à côté de toi à l’hôpital. Peut-être que les deux sont vrais.Tu m’as appris à changer une roue quand j’avais neuf ans. C’est l’un de mes trois bons souvenirs, à peu près, et je le garde précieusement.Je n’écris pas pour te pardonner. Je voulais juste te le dire une fois, à toi.
Des exemples seulement : votre lettre doit vous ressembler

Si le deuil devient trop lourd à porter, en parler à un professionnel (un psychologue, un accompagnant du deuil ou votre médecin) aide vraiment.

Que faire de la lettre

  • La garder. Dans un tiroir, ou dans un carnet où ira aussi la lettre de l’an prochain. Au fil des années, ces lettres racontent votre vie sans lui ou sans elle.
  • La lire sur la tombe. À voix haute ou en silence. Certains y laissent la lettre, d’autres la rapportent.
  • En lire un passage lors d’une cérémonie. À une hazkara ou à une cérémonie anniversaire, quelques lignes adressées au défunt en disent parfois plus qu’un discours. Que dire pour l’anniversaire du décès
  • La partager avec vos frères et sœurs. Chacun de vous a eu un parent un peu différent ; votre lettre peut leur rendre un souvenir oublié. Rassembler les souvenirs de la famille
  • L’ajouter à une page de mémoire, à côté des photos et, une fois la page ouverte, des souvenirs envoyés par les proches, là où les petits-enfants la retrouveront.

Un seul endroit pour tout ce qui reste

Une page de mémoire que vous tenez : l’histoire d’une vie, des photographies, des enregistrements, et les souvenirs que la famille et les amis envoient et que vous validez. Un rappel avant chaque hazkara si la page affiche les dates hébraïques, et tout se télécharge à tout moment. Créer et remplir la page est gratuit. Elle reste privée, visible de vous seul, jusqu’à ce que vous l’ouvriez aux autres en un seul paiement : 99 ₪ en Israël, 39 $ ailleurs. Sans abonnement.

Questions fréquentes

Que dire dans une lettre à son papa ou à sa maman décédés ?

Ce que vous lui raconteriez si vous le pouviez : ce qui s’est passé depuis, un souvenir, un merci, un pardon, une question jamais posée. Le texte n’a pas besoin d’être parfait.

Comment rendre hommage à un parent décédé le jour de son anniversaire ?

Beaucoup font quelque chose qu’il ou elle aimait (cuisiner son plat, écouter sa musique) et lui écrivent quelques lignes. Certaines familles allument une bougie ce jour-là.

Peut-on lire la lettre sur la tombe ou pendant une cérémonie ?

Oui, au cimetière comme devant la famille réunie. Et si vous préférez ne la montrer à personne, c’est très bien aussi.

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